L’équipe d’ « Aux Arts, Citoyens ! » à la conquête de Paris

Le jeudi 26 mai dernier, la rédaction du journal « Aux Arts, Citoyens ! » au grand complet prenait le train malgré la grève, direction Paris. Cette journée à la Capitale nous était offerte par la Région dans le cadre du concours « Le Petit Journal des lycéens bourguignons ».

Article mis en ligne le 3 juin 2016

par Chauvot C, Documentaliste
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Le jeudi 26 mai dernier, la rédaction du journal « Aux Arts, Citoyens ! » au grand complet prenait le train malgré la grève, direction Paris. Cette journée à la Capitale nous était offerte par la Région dans le cadre du concours « Le Petit Journal des lycéens bourguignons ».

Le jeudi 26 mai dernier, la rédaction du journal « Aux Arts, Citoyens ! » au grand complet prenait le train malgré la grève, direction Paris. Cette journée à la Capitale nous était offerte par la Région dans le cadre du concours « Le Petit Journal des lycéens bourguignons » ? puisque - rappelons-le, c’est important - les huit citoyennes, journalistes en herbe, avaient remporté le 1er prix grâce à « un journal dense et une présentation percutante qui avait ému », dixit le jury.
Après deux heures de train, enfin arrivées à la Gare de Lyon, nous y avons retrouvé Mmes Barbery et Gauvin ainsi que M. Ohet, pour nous guider lors de cette journée mouvementée, qui a commencé sur les chapeaux de roues, d’ailleurs !
En effet, à peine arrivées à la gare, les huit aventurières durent se mettre à courir sans attendre afin de rattraper leurs accompagnatrices pour éviter de les perdre dans les méandres du fameux métro parisien. En retard, et au pas de course - le sport, c’est bon pour la santé - nous avons donc pris un métro, puis un autre, avant de nous diriger vers le numéro 20, rue Cotentin : le siège du quotidien 20Minutes ! Rien que ça !
Nous y avons rencontré le rédacteur en chef, Laurent Bainier, qui nous a ouvert les portes du labyrinthe de ses locaux. La sécurité mise en place était impressionnante... mais définitivement nécessaire. Lorsque nous traversions les lourdes portes sécurisées, le visage grave, nous avions toutes en tête les terribles attentats qu’ont connu la France en novembre et avant cela, Charlie Hebdo...
Alors que nous étions confortablement attablées entre les bonbons et le jus de fruit, L. Barnier nous a présenté son parcours et son rôle dans ce jeune journal, qui n’a que treize ans. Ce quotidien gratuit, qui est le plus lu en France (quatre millions de lecteurs de la version papier), vit de la publicité, et est distribué dans quarante villes, essentiellement dans les gares et stations de métro. Soixante journalistes travaillent au sein de la rédaction, mais certains sont plus particulièrement affectés à la version web du journal qui est devenue la « priorité », comme le souligne L. Bainier. Enfin, il ne s’agit pas d’un journal d’opinion, le sympathique rédacteur en chef insiste sur la mission de 20Minutes :
« Informer les lecteurs afin de leur donner les clés pour se forger une opinion, favoriser le vivre ensemble ».

Une fois la mini-conférence terminée et les fraises Tagada englouties, le jeune homme nous a guidées à travers les bureaux. Les « exploratrices » que nous étions ont pu admirer les lieux aménagés comme un véritable espace de vie avec canapé, cafétéria design, babyfoot, etc. Du côté magazine, nous avons constaté que malgré leur jeunesse (une moyenne d’âge de 32 ans) les journalistes ne font pas que se reposer ou jouer, loin de là ! Même si l’ambiance était apparemment à la décontraction, l’atmosphère était définitivement studieuse : le journalisme est assurément un métier de passionné(e)s ! Nous sommes toutes ressorties avec l’envie de pouvoir exercer un jour notre profession dans de telles conditions.

Notre joyeuse troupe, dont les ventres commençaient à grogner en cœur, s’est dirigée à pieds - et oui, le sport c’est vraiment bon pour la santé - en direction de la Tour Eiffel. Notre objectif : pique-niquer sur le Champ de Mars. Pour certaines, c’était la première fois qu’elles voyaient notre monument national, et cela fait toujours son petit effet...

Notre repas de midi mis à l’abri, nous avons repris la route pour nous rendre à la Maison des Journalistes, de nouveau en retard... Là-bas, un jeune responsable nous a présenté l’endroit et nous a fait visiter les lieux. Puis, Elyse Ngabire, une journaliste réfugiée burundaise, nous a livré son témoignage poignant, Nabil Shofan n’ayant pu se libérer pour des raisons personnelles. Cette rédactrice, responsable de la rubrique politique du journal IWACU, s’est retrouvée menacée d’emprisonnement, suite à ses articles en lien avec les dernières élections présidentielles, contestées puisque contraires à la Constitution de son pays. Nous avons vraiment été touchées par son histoire. En effet, Elyse a dû tout quitter du jour au lendemain : son pays, son foyer, sa famille, ses enfants... Elle est arrivée en France en septembre 2015 et a obtenu le statut de réfugiée politique le 8 février, jour où elle s’est installée à la Maison des Journalistes. A ce jour, elle attend toujours de pouvoir faire venir ses enfants à Paris et continue d’écrire en publiant dans L’œil de l’Exilé. Elle a à cœur de défendre les « sans voix » ainsi que la liberté de la presse.
C’est aussi ce dernier point qui nous a particulièrement émues dans son discours et qui fait complètement écho à notre Prat’zette « Aux Arts, Citoyens ! ». Les mots d’Elyse nous ont donné conscience de notre chance, à nous, citoyennes de France, de vivre dans le pays des Droits de l’Homme. Nous sommes ainsi renforcées dans notre conviction qu’il faut continuer à se battre pour la liberté de la presse, ici comme ailleurs, aujourd’hui comme demain !

Nous remercions sincèrement le Conseil Régional Bourgogne-Franche-Comté ainsi que le CLEMI de nous avoir permis de vivre cette expérience inoubliable !
Les huit citoyennes journalistes de Cluny, assistées
de M. Brague et Mme Chauvot

Les photos ont été réalisées par Mme Barbery (CLEMI Dijon)



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